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Les carnets d'évasion d'un journaliste du terroir

Les voyages et les excursions seul ou en famille de Daniel Foucart : pour donner quelques idées, bons plans et astuces.

Notre première histoire de fantôme sur la route de Loch Laggan

Depuis notre gîte à Laggan
Depuis notre gîte à Laggan

Deuxième journée de vacances en Grande-Bretagne. J’écris depuis notre petite maison de location à Laggan, un village écossais accolé au parc national Cairngorms. Depuis la fenêtre, je vois des moutons qui paissent au sommet de collines au milieu desquelles serpente la rivière Spey. Un arc-en-ciel a salué notre arrivée. Il est le fruit de la succession d’averses et de jolies éclaircies depuis notre entrée sur le territoire écossais. Les premières gouttes de pluie sont apparues au premier panneau routier qui signalait l’Écosse, exactement comme dans le film de Dany Boon « Bienvenue chez les Ch’tis », lorsque Kad Merad est arrivé dans le Pas-de-Calais.

Notre passage sous le tunnel sous la Manche aurait aussi pu figurer dans une scène de cinéma comique. J’ai en effet failli laisser mon coffre de toit au portique de sécurité du « Shuttle ». J’ai mal évalué la hauteur. J’ai fait virevolter le portique amovible, heureusement sans casse. Et sans le coup de frein salvateur, dû à la vigilance de mes enfants, je me prenais le second portique, fixe et rigide celui-là. Les vacances auraient pu se terminer là. Déjà que notre chien avait failli être refoulé au contrôle douanier en raison d’une date de vaccin contre la rage qui paraissait suspecte aux yeux de l’agent. C’est le genre d’anecdotes qui va animer les réunions de famille et dont risquent de reparler mes collègues de bureau en se tapant sur les cuisses.

Après avoir gagné la bonne file, celle des caravanes, des camping-cars et des véhicules surmontés d’un coffre de toit, nous avons franchi les 50 km qui séparent Calais de Folkestone, dont 38 sous la mer. C’est plus rapide, mais je préfère le charme du ferry (curieusement plus cher).

Pas de souci pour rouler à gauche par contre. J’ai vite retrouvé les réflexes que j’avais acquis lors de mon voyage en Irlande en 2008. Le rétroviseur droit est devenu mon meilleur ami. Nous avons parcouru 750 km la première journée. De l’autoroute essentiellement, non payante en Grande-Bretagne.

Wansford, bucolique
Wansford, bucolique

Notre première pause un peu plus longue, à Wansford, m’a fait retrouver le charme rural « so British » : des maisons soignées, des jardins savamment entretenus, une église entourée de pierres tombales centenaires et au-dessus d’une rivière bucolique, un petit pont ancien, où les automobilistes se saluent poliment après avoir respecté le passage alterné. S’il y a un pays qui correspond à sa caricature, c’est bien l’Angleterre. C’est encore plus flagrant avec l’Écosse.

Ecclefechan hôtel, hanté paraît-il
Ecclefechan hôtel, hanté paraît-il

Qui dit Écosse dit en effet fantôme. Nous avons été confrontés à notre première histoire de revenants à l’issue de notre nuit à Ecclefechan Hôtel, à quelques miles de Lockerbie, rendue tristement célèbre par une catastrophe aérienne. C’est la femme du patron qui nous l’a racontée, le plus sérieusement du monde. Nous avons tout d’abord cru qu’elle plaisantait, histoire d’impressionner les touristes, mais nous avons très vite senti que nous l’aurions vexée si nous avions continué à rire. Un jeune garçon vient, paraît-il hanter régulièrement les chambres. Des clients l’auraient déjà vu assis sur les lits. Il y a 70 ans ou au XVIIe siècle – nous n’avons pas bien compris la date en raison de l’accent – il aurait été tué par le propriétaire d’une rivière furieux parce qu’il y pêchait sans son autorisation. Il hante depuis l’hôtel où travaillait sa mère comme femme de chambre. « Il s’estimait probablement trop jeune pour mourir. C’est pourquoi il est resté ». La phrase sonnait comme une sentence. Fort heureusement, la dame nous a raconté l’histoire après la nuit passée dans cet hôtel quatre fois centenaire : nous n’aurions pas apprécié son charme désuet de la même manière. Nous avons été davantage effrayés par le prix : 130 livres pour les deux chambres occupées. My Ghost...

Un déjeuner typiquement écossais
Un déjeuner typiquement écossais

Le patron était sympathique, une vraie trogne d’écossais, mal rasé et à l’haleine de whisky, mais il fait un peu les tarifs, qu’ils n’affichent pas à l’entrée, à la tête des touristes. Mais nous n’avions pas tellement le choix : tous les hôtels des environs étaient occupés en raison d’un festival de musique. Le petit déjeuner était typiquement écossais : du bacon and eggs agrémentés d’une tomate chaude et de boudin noir cuit. Il nous a fait digérer l’addition.

Les Drumond Gardens
Les Drumond Gardens

Le Royaume-Uni sans ses jardins ne serait pas tout à fait le Royaume-Uni. Entre Braco et Crief, sur la route de Perth, les Drumond Gardens feraient pâlir de jalousie la plus adroite des mains vertes. On accède au domaine à travers une allée de hêtres trois fois centenaires, longue d’un mile. Le château ne se visite pas, mais la cour intérieure donne une vue panoramique magnifique sur les jardins situés en contrebas. Des jardins à la française, mais avec tout le soin que les Britanniques savent accorder aux fleurs, aux plantes et aux arbres. Un havre de sérénité où les statues blanches semblent veiller à ce que rien ne vient le troubler. Cela vaut le détour tout comme le sourire des gardiennes des lieux, aux apparences de vieille fille so british.

Un jardin à la française en Ecosse
Un jardin à la française en Ecosse

Pour ne plus perdre de temps, nous avons finalement évité Pitlochry que nous avions prévu de visiter sur la route vers notre cottage, mais avec la promesse d’y revenir au cours de notre séjour. Tous nos amis qui ont déjà visité l’Écosse nous l’ont vivement conseillé. L’arrivée sur Laggan nous a fait oublier quelque peu la fatigue du voyage. Il faut franchir une prairie de moutons et de vaches pour arriver à notre gîte situé à 150 m au-dessus de la route de Newtonmore. On comprend mieux son nom, The Stable, l’étable… Le confort est relativement modeste, mais il est suffisant pour une semaine. Un mot du propriétaire nous invite à ne pas gaspiller l’eau qui provient uniquement d’une citerne d’eau de pluie, mais vu les averses de notre première journée en Écosse, je ne m’inquiète pas trop…

Les courses en kilt, so scottish...
Les courses en kilt, so scottish...

La deuxième journée de voyage s’est terminée par les courses à la coopérative de Newtonsmore. Devinez qui nous précédait dans la file avant la caisse ? Un écossais en kilt qui n’étonnait personne, excepté nous. L’Écosse correspond bien à sa caricature. Je sens que ce pays va me plaire

Sur la route des Highlands.

Sur la route des Highlands.

Notre Lagg cottage pour une semaine

Notre Lagg cottage pour une semaine

Le château qui surplombe les Drumond Gardens

Le château qui surplombe les Drumond Gardens

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