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Les carnets d'évasion d'un journaliste du terroir

Les voyages et les excursions seul ou en famille de Daniel Foucart : pour donner quelques idées, bons plans et astuces.

Du National Gallery au cimetière d'Arlington ou de l'art à l'art militaire

Wim, Monsieur "Machin"
Wim, Monsieur "Machin"

Day 5. "Vous avez bien vos cartes?" est en passe de devenir la phrase culte de notre passage à Washington, le genre de "private joke" dont on aime se souvenir dans les fêtes de familles, même vingt ans plus tard. Elle émane de Wim qui s'inquiétait toujours de savoir si nous avions nos précieux sésames pour le métro, le meilleur moyen de découvrir Washington à un prix démocratique : avec environ 20 $, on peut fréquenter assidûment le "tube" pendant au moins cinq jours, la carte étant rechargeable avec une carte de crédit aux entrées des différentes stations. Tonton "Machin" risque aussi de poursuivre Wim de par sa propension à appeler ainsi, toujours avec humour, une personne dont le prénom ou le nom lui échappe.

Impressionniste et impressionnant
Impressionniste et impressionnant

C'est au National Gallery of Art que nous avons entamé notre dernière journée à Washington, toujours ensoleillée mais à la chaleur plus supportable que les jours précédents. Il s'agit d'un musée d'excellente facture avec des œuvres célèbres comme l'auto-portrait de Van Gogh. Nous nous sommes longuement attardés à l'étage des impressionnistes. Valentine a tenu à se faire photographier devant "la dame au parasol", un tableau de Claude Monet qu'elle a présenté lors d'un travail scolaire au cours de français. Les quelques œuvres de Paul Cézanne m'ont rappelé mon stage Erasmus à Aix-en-Provence lorsque étudiant, je parcourais les flancs de la montagne Sainte-Victoire avec des amis du monde entier. Wim et Shobhana ont apprécié les peintres flamands, dont un très beau Vermeer à la luminosité si particulière. Marie-Christine a aimé la période de la Renaissance italienne.

Nous aurions pu passer la journée complète sans avoir vu toutes les collections tant le musée est gigantesque, ce qui empêche les visiteurs de se marcher sur les pieds même les jours de forte influence. Nous avons croisé un groupe de français qui râlaient parce que le passage d'une salle à l'autre était "mal indiqué". Cela m'a rappelé une anecdote qui remonte à 25 ans. Elle m'avait donné une vision caricaturale des mentalités européennes. Je visitais avec une amie un petit musée archéologique autour de Rome. Il y avait trois couples : le premier, italien, qui n'arrêtait pas de s'échanger des baisers en regardant les œuvres d'un oeil distrait; le deuxième, allemand, qui parcourait les vitrines une à une, de façon disciplinée, un guide à la main et enfin, un couple de Français qui n'arrêtait pas de critiquer et de comparer avec ce qui existait en France, où c'était "mieux", évidemment. Il y avait aussi nous, couple de Belges, qui nous amusions de ce petit manège.

Le National Gallery of Art est un des quatorze musées gratuits de Washington. Et il vaut le détour tout comme le petit parc adjacent aux œuvres contemporaines dont un arbre métallique et une surprenante maison en trompe-l’œil. Seul petit inconvénient: les fouilles obligatoires aux entrées, sécurité ou plutôt obsession de la sécurité oblige.

Le cimetière d'Arlington
Le cimetière d'Arlington

Nous avons pris ensuite le chemin du cimetière militaire d'Arlington, que l'on voit souvent au cinéma lorsque le scénario prévoit les funérailles d'un soldat mort au combat. Cela n'enchantait guère les enfants de découvrir des tombes, mais cela nous a valu une intéressante discussion sur l'utilité des militaires à notre époque. L'endroit est solennel. J'ai presque envie d'écrire poétique de par la succession des pierres tombales, toutes de blanches vêtues, qui semblent se décliner à l'infini. John Kennedy et son épouse y sont également enterrés. Une flamme contribue à la pérennité du mythe. Impressionnant aussi: la relève de la garde à la tombe du soldat inconnu. L'officier a invité le public assis sur les marches du monument à se lever. Personne n'a bronché pendant le passage de témoin entre les deux soldats que nous aurions pu confondre avec des automates tant les gestes étaient saccadés, précis et accomplis en parfaite symbiose. Détail, oserais-je écrire, amusant: nous sommes sortis du cimetière en même temps qu'un couple de musulmans, dont la femme était voilée des pieds à la tête. L'image faisait involontairement écho à l'histoire militaire, récente, des États-Unis, encore actifs sur le terrain en Irak et en Afghanistan. Mais personne, excepté nous, n'y a prêté véritablement attention. C'est aussi cela l'Amérique.

La journée s'est terminée chez Wim et Shobhana autour d'un repas chinois commandé à la sortie du métro. Cela m'a valu une agréable conversation avec notre hôtesse sur le métier de journaliste et mes activités d'éthologiste lorsque j'étais à la fac de psycho. Mon anglais n'est pas si épouvantable que cela finalement. Cela me rassure pour la suite du périple. Demain: la découverte des routes américaines à bord d'une voiture de location. Cela roule pour nous, jusqu'à présent, mais la famille de Washington va nous manquer. C'est formidable pour les enfants d'avoir un oncle d'Amérique.

Dans les rues de Washington et Wim au musée National Gallery of Art
Dans les rues de Washington et Wim au musée National Gallery of Art Dans les rues de Washington et Wim au musée National Gallery of Art

Dans les rues de Washington et Wim au musée National Gallery of Art

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