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Les carnets d'évasion d'un journaliste du terroir

Les voyages et les excursions seul ou en famille de Daniel Foucart : pour donner quelques idées, bons plans et astuces.

Arabesques autour de Sobrarbe

La cathédrale de Roda de Isabena
La cathédrale de Roda de Isabena

Un de mes plaisirs favoris lorsque je suis en vacances est d'étendre sur une table les cartes, les dépliants touristiques et les guides, puis d'établir un programme de visites et d'itinéraires à suivre. A Casa Mur de Alujan, notre hôte du jour m'a un peu mâché le travail. Dans la cour du château, où nous logeons, Rafael nous a dispensé quelques précieux conseils pour visiter la région de Sobrarbe, plan à l'appui. Il se débrouille plutôt bien en français. Un peu moins en dessin peut-être, parce qu'il a dessiné tellement d'arabesques sur la carte que j'ai un peu mal à la lire. Mais rien de tel que les recommandations d'un habitant du terroir pour découvrir un territoire inconnu.

Notre terrain d'exploration est Sobrarbre, l'une des communautés de communes de la province de Huesca. Il est un peu ce que la Wallonie picarde est au Hainaut belge. Beaucoup plus grand: 2200 km² dans les Pyrénées centrales. Mais nettement moins habité: 7500 habitants à peine.

Liguerre de Cinca.
Liguerre de Cinca.
Liguerre de Cinca.
Liguerre de Cinca.
Liguerre de Cinca.
Liguerre de Cinca.
Liguerre de Cinca.
Liguerre de Cinca.
Liguerre de Cinca.

Liguerre de Cinca.

La rivière Cinca.
La rivière Cinca.

Pour notre première excursion, Maxime et Valentine ont absolument tenu à ce que nous jetions notre dévolu sur un point d'eau. Par 32 degrés en moyenne, un peu de fraîcheur peut en effet ne pas faire de tort. Mais les enfants ont été incapables de rentrer plus que les chevilles dans la rivière Cinca tant l'eau était glacée. C'est Mila qui en a le plus profité. Nous nous sommes arrêtés à l'ombre d'un village qui a une histoire particulière. Liguerre de Cinca a en effet été exproprié et abandonné suite à la construction de deux barrages qui l'isolaient, mais un syndicat a eu l'idée de transformer les ruines en un centre moderne de vacances. "Une initiative pionnière", assure le guide. Le centre était quasiment désert lorsque nous l'avons traversé à pied. En raison de la chaleur accablante probablement. Il était pourtant près de 18h, mais le thermomètre franchissait encore allègrement les 30 degrés. La vue était fantastique sur la rivière, qui était d'un bleu aux variations turquoises.

Serraduy.
Serraduy.

Excursion un peu plus longue pour notre troisième journée espagnole. J'ai pris comme repère la plus grande arabesque qu'a dessinée Rafael sur la carte. Une boucle en voiture qui déborde de Sobrarbe vers l'est. Nous avons tout d'abord renoncé au monastère de La Cabezonada, que nous a pourtant conseillé notre hôte, parce que trop isolé juste avant la pause dîner. Nous avons trouvé un restaurant à Campo qui n'est pas trop digne d'intérêt sur le plan patrimonial mais qui est un bon point de départ pour des descentes en rafting. Toujours bon à savoir pour la suite du séjour. Les quatre couverts nous ont coûté à peine 40 euros. Les prix ne sont pas exorbitants dans la région.

Le lavoir de Serraduy.

Le lavoir de Serraduy.

Le premier arrêt après le dîner s'est avéré pittoresque. Serraduy, dans la vallée de Lierp. Il faut le gagner en traversant un charmant pont romain en pierre. C'est un point de passage de la route géologique, un circuit qui permet de découvrir les plus belles pierres fossiles des Pyrénées. J'ai beau scruter les morceaux de rocher à mes pieds, je n'en ai pas encore trouvé une et quand je pense avoir trouvé une belle pièce, les enfants se moquent de moi : "ce ne sont que des griffes sur la pierre". Toujours est-il que Serraduy est idéal pour découvrir des fossiles d'alvéolines, des organismes unicellulaires qui peuplaient les mers du tertiaire. La région fut autrefois recouverte par les eaux, nous avait prévenu Rafael.

La cathédrale San Vincente Mârtir.
La cathédrale San Vincente Mârtir.

Le point d'orgue de la balade était à venir. Roda de Isabena. Un village avec un centre médiéval remarquable. Du Xe au XIIe siècle, il fut la capitale et le siège épiscopal du comté de La Ribagorza. La cathédrale de San Vincente Mârtir est sublime, particulièrement son cloître d'origine romane. On pouvait autrefois visiter l'édifice librement, mais les objets de culte ont été la cible de pillages. Il faut dorénavant passer par une visite guidée et surveillée. Pendant que Marie-Christine et les enfants visitaient la crypte et le sarcophage de San Ramon, j'ai eu le temps d'apprécier la Plaza Mayor depuis la terrasse du seul café du coin en appréciant une bière fraîche. Avec Mila, qui est pourtant une gentille compagne de voyage, il faut renoncer aux visites de musées et des édifices religieux en famille. Un moindre mal.

J'ai été surpris par le nombre d'hirondelles qui peuplent les dessous de corniches en contemplant la place Cela m'a rappelé mon enfance à la ferme de mes grands-parents maternels. Il y avait toujours une effervescence au retour des premières hirondelles dans l'étable. Le gosse que j'étais était un peu étonné par toute l'agitation, mais il sentait que c'était un événement heureux. Le retour du printemps. Le patron du bar où je m'étais installé n'avait par contre pas tellement l'air heureux de me servir. Il n'a pas esquissé le moindre sourire, même pas lorsque Marie-Christine et les enfants sont venus me rejoindre pour acheter des cartes postales dans son établissement. Les gens du coin ne semblent pas avoir l'habitude des touristes.

A ne pas louper à la sortie du village en reprenant la route : un superbe pont romain qui surplombe la rivière Isabena qui a donné le nom à la cité.

Le cloître et le pont romain.
Le cloître et le pont romain.
Le cloître et le pont romain.

Le cloître et le pont romain.

Dernière étape de notre boucle automobile : Graus. Un bourg un peu plus imposant. Avec une jolie basilique du XVI-XVIIe siècles qui le surplombe. Il y a dans la région des fortifications qui sont des traces de l'occupation musulmane au début du XIe siècle. On parle d'un chef militaire qui porte pratiquement et curieusement le nom d'un chanteur français pacifiste dans l'âme, Abd al-Malik. Après une pointe à pied jusqu'à la basilique, nous avons mangé nos premières tapas sur la Plaza Mayor, une très belle place dont les maisons sont ornées de fresques colorées en trompe-l'oeil. Voitures interdites. Des gamins avaient transformé la Plaza en terrain de foot. C'est aussi cela l'Espagne. Les enfants semblent rois.

Rafael avait dessiné des arabesques sur notre carte. On a mieux compris pourquoi sur le chemin du retour à la Casa. Avec le nombre de virages qui a fait passer plus difficilement nos premières tapas...

La Plaza Mayor à Graus.
La Plaza Mayor à Graus.

La Plaza Mayor à Graus.

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