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Les carnets d'évasion d'un journaliste du terroir

Les voyages et les excursions seul ou en famille de Daniel Foucart : pour donner quelques idées, bons plans et astuces.

Du vélo, du rafting et de l'actu pour la der en pays aragonais

Troncendo au bout de l'effort.
Troncendo au bout de l'effort.

Journée très sportive pour la fin de notre séjour dans la province d'Aragon. J'ai enfin enfourché le vélo que j'ai emmené avec moi depuis la Belgique. J'avais renoncé les jours précédents en raison de la chaleur. Puis nous avons découvert tellement d'endroits en une semaine que je n'avais plus le temps, ni le courage, la fin d'après-midi venue, de prendre la route.

Le climat était propice à la pratique de la bicyclette ce matin - frais mais ensoleillé -, mais le coeur n'y était pas vraiment en raison de l'attentat de Nice que j'ai appris en regardant les nouvelles sur mon portable. Je n'ai pas arrêté de penser aux victimes et à leurs familles en avalant les premiers kilomètres. Et au terroriste : comment a-t-il pu tuer des enfants en les écrasant avec un camion? Qui est ce lâche? Son père l'a-t-il un jour emmené en balade à vélo comme le mien l'a fait ? Cela lui aurait peut-être permis de mieux apprécier les gens et leur environnement... Cela se bousculait dans ma tête, mais je me suis concentré sur la route, surtout lorsqu'elle commença à monter.

Troncendo à 1070 m d'altitude.
Troncendo à 1070 m d'altitude.

J'avais choisi comme destination Troncendo, un village de montagne que j'avais repéré lors de notre première excursion en pays sobrarbe. Nous l'avions traversé la nuit tombée, mais il m'avait semblé intéressant dans la lumière des phares. Altitude : 1070 m. Un dénivelé de 600 m. 16 km pour l'atteindre et 16 km pour revenir. Mais 1h16 à l'aller et 40 minutes au retour. Le col avec des passages à 10% était difficile, mais j'ai quand même pu apprécier le paysage. Je me suis accordé une pause à Formigales, un village où je n'ai pas vu un chat. Sur la route, je n'ai croisé que deux voitures. Les seuls habitants qu'on rencontre dans la région sont pour la plupart âgés. J'espère que nous n'assistons pas à la mort lente de ce magnifique coin d'Espagne. J'étais soulagé de découvrir Troncendo dans les vapeurs du soleil au détour d'un long virage bien trop pentu à mon goût. Le village offre une belle vue sur la vallée de la Fueva. Il vaut aussi pour son église du XIIe siècle et les ruines d'une enceinte fortifiée. Je ne me suis pas trop attardé, le temps d'un selfie pour prouver que j'étais bien là-haut à vélo - ô vanité.

La descente, un vrai bonheur. Mais je l'ai négociée prudemment. Trop peur des gravillons qui ont failli me coûter une épaule lors d'un autre séjour cycliste dans les Pyrénées. J'avais le coeur un peu plus léger au bout des 32 km.

L'après-midi fut plus intense avec la descente du rio Eséra en rafting. C'était une promesse faite à Valentine qui adore les sports d'eau. Notre hôte nous avait conseillé une société,Sin Fronteras Adventure (45 euros par personne), située à Campo. Nous n'avons pas été déçus. Nous avons été reçus par une sorte de viking espagnol bardé de tatouages sur le dos et le bras gauche. Terriblement sympa. Il nous a mis directement à l'aise pour dévaler les 11 km de rapide en compagnie d'autres touristes attirés par le courant du rio Eséra. Marie-Christine est resté au siège de la société avec Mila qui aurait bien voulu grimper dans le canot pneumatique.

Equipés pour la descente.
Equipés pour la descente.

Max, Valentine et moi avions déjà fait une descente de rafting dans les Pyrénées françaises il y a quelques années, mais ici, c'est d'un autre tonneau. Décors plus majestueux et surtout rivière plus sauvage avec des passages très difficiles entre les rochers. Mais notre viking espagnol assurait et était rassurant. Pas un seul chavirage. Max et Valentine devaient tenir le rythme aux avants-postes. De très belles sensations pour toute la famille. Je réalise en écrivant ce post que je n'ai pas pensé une seule fois au drame de Nice en dévalant la rivière. Le rafting lave le corps et l'esprit.

Notre viking espagnol nous briefe.
Notre viking espagnol nous briefe.

C'est littéralement fourbus que nous avons rejoint notre gîte pour notre dernière nuit à Casa Mur de Alujan, formidable lieu de villégiature avec une histoire de près de six siècles. Je ne remercierai jamais assez Rafael pour ses précieux conseils au début de notre séjour. En poussant plus loin notre conversation, nous nous sommes rendus compte que nous étions tous les deux... journalistes, avec la même conception du métier. C'est dommage de s'en apercevoir le dernier soir; nous aurions pu avoir de passionnantes discussions. L'actualité ne m'a finalement pas quitté de la journée...

A l'eau pour 11 km de rapides.
A l'eau pour 11 km de rapides.
A l'eau pour 11 km de rapides.

A l'eau pour 11 km de rapides.

La cour du château.
La cour du château.

Avant de prendre la route vers la Catalogne, pour notre deuxième semaine espagnole, je ne peux pas ne pas dire un dernier mot à propos de notre logement de Casa Mur de Alujan. Ce fut une expérience nouvelle de dormir dans un lieu classé Bien d'Intérêt Culturel. L'épaisseur des murs du château du XVe - XVIe siècles protège des fortes chaleurs. En plus, nous étions hébergés dans ce qui servait autrefois de conserverie (voir les quelques photos prises avec mon gsm ci-dessous avant de partir).

L'endroit a été décoré avec goût. Les Espagnols partagent avec les Italiens l'art de vivre avec la beauté. Les dessins sur le mur de la salle principale ont même été inspirés d'un tableau du peintre Vélasquez, "la reddition de Breda". Il faut aimer le calme de la campagne pour apprécier Casa Mur de Alujan qui est relativement isolé. Quand j'écris le calme de la campagne, cela inclut aussi le bruit des vaches et des ânes tôt dans la matinée. Le château conviendra aux amoureux du patrimoine qui n'ont pas peur de parcourir quelques kilomètres pour apprécier d'autres monuments et édifices historiques. Dans un rayon de 50 km, il est très facile de trouver son bonheur culturel et environnemental. Les amoureux du sport ne seront pas en reste avec l'accès aux rivières pour le rafting, par exemple, et évidemment à la montagne pour la randonnée et l'alpinisme.

Bref, ce fut pour nous un séjour enchanteur. La semaine nous a paru très courte (des adolescents trouveraient peut-être une deuxième semaine de trop, car il y a très peu d'attractions pour les jeunes). Rafael, notre hôte, conseille le printemps pour pleinement apprécier le Sobrarbe, que nous ne sommes pas près d'oublier.

Hasta la vuelta, Casa Mur de Alujan, et certainement pas Adios.

Des vues de notre logement à Casa Mur de Alujan.
Des vues de notre logement à Casa Mur de Alujan.
Des vues de notre logement à Casa Mur de Alujan.
Des vues de notre logement à Casa Mur de Alujan.
Des vues de notre logement à Casa Mur de Alujan.
Des vues de notre logement à Casa Mur de Alujan.

Des vues de notre logement à Casa Mur de Alujan.

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