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Les carnets d'évasion d'un journaliste du terroir

Les voyages et les excursions seul ou en famille de Daniel Foucart : pour donner quelques idées, bons plans et astuces.

Muro de Roda et Erasmus au bout de la fournaise

Une montée de 6 km.
Une montée de 6 km.

J'attends toujours avec une pointe d'impatience le moment où je vais enfiler mes chaussures de marche et mon sac à dos lorsque je suis dans une région qui se prête à la randonnée comme les Pyrénées. Une réminiscence de mon passage chez les louveteaux et les scouts, même si je n'ai pas tout adoré dans ces mouvements de jeunesse. Marie-Christine et les enfants ne partagent pas toujours mon enthousiasme, mais ils suivent et apprécient lorsque le décor est à la hauteur de l'effort.

J'avoue que notre première randonnée n'était pas évidente. Pas tellement à cause de la distance, une douzaine de kilomètres, mais en raison de la chaleur. Comme nous ne sommes pas des couche-tôt, nous sommes le plus souvent des lève-tard, ce qui est plutôt normal en vacances. Nous avons donc pris le départ vers 13h, lorsque le soleil était à son point le plus haut. Pas très indiqué, mais nous avions une bonne provision d'eau. Un truc pour garder les boissons au frais : on place deux petits blocs réfrigérants, normalement prévus pour un frigo-box dans le sachet de pique-nique, le sac à dos bien ficelé.

Enfin arrivés.
Enfin arrivés.

Nous avons choisi une promenade depuis le village le plus proche. Tierrantona, situé à 2 km de notre gîte-château. Destination : Muro de Roda, un village fortifié aujourd'hui désert. Altitude: 1066 m. Dénivelé : 400 m. Le point d'arrivée vaut surtout pour l'église romane de Santa Maria (XIIe siècle), en cours de rénovation. Le site a été classé Bien d'Intérêt Culturel. Il valait bien une montée qui fut harassante, avec peu d'endroits ombragés. Nous avons quand même croisé un groupe de randonneurs français. Comme quoi, nous n'étions pas les seuls fous de la journée. Mila a comme d'habitude joué les accordéons, entre le premier et le dernier. Elle aime avoir toute la famille dans son champ de vision. Elle s'assure en permanence que tout le monde est bien là. Ses gènes de berger. Elle n'est pas Border Collie pour rien. Mais elle parcourt sans doute le double de notre trajet.

L'église Santa Maria du XIIe.
L'église Santa Maria du XIIe.

Après un arrêt pique-nique et quelques râles, nous avons atteint Muro de Roda au bout d'une heure et 54 minutes. Maxime a tout d'abord cru que le site était inaccessible en raison d'un panneau qui l'annonçait en rénovation. Si cela avait été le cas, j'aurais fini dans la rivière 1000 mètres plus bas d'un simple coup de pied dans le derrière. Il suffisait de dénouer la corde qui retenait les deux battants de la porte pour pénétrer dans le village ceint d'une impressionnante muraille qui remonte au XIIe siècle. C'est étonnant la confiance que les Espagnols, du moins les citoyens de Sobrarbe, accordent aux touristes. Cela leur a joué des tours hélas à Roda de Isabena (voir mon post précédent), dont la cathédrale fut pillée par des visiteurs peu scrupuleux. Nous avons pu visiter l'église en toute liberté, en l'éclairant certes avec nos téléphones portables, mais en accédant à toutes les parties, y compris la crypte, où nous avons dérangé une chauve-souris.Un couple d'américains avec leurs jeunes enfants nous précédaient. Ils avaient pris la précaution de venir en voiture, mais une quatre roues motrices est nécessaire tant la piste est rocailleuse. Ils venaient de l'état de Washington. Ils nous ont confié avoir visité la Belgique l'année précédente. Anvers, Bruxelles et Bruges (dites "Brouges"). C'était amusant de croiser des citoyens du Nouveau-Monde dans cet endroit isolé et improbable.

Santa Maria vue de l'intérieur.
Santa Maria vue de l'intérieur.

L'église est construite selon le même modèle que la cathédrale de Roda de Isabena, que nous avons justement visitée la veille. Les fresques sont de toute beauté. Je les ai seulement découvertes après le coup de flash de mon appareil photo. L'endroit mérite incontestablement une restauration. Il y avait bien des sacs de sable, mais point d'ouvrier. Le parcours le long de la muraille offre une vue imprenable sur toute la vallée et sur toutes les constructions défensives de la région. Notre brochure touristique nous apprend que les habitants s'y réfugiaient autrefois lorsqu'ils se sentaient menacés. Les enfants semblent avoir apprécié la balade, puisque j'ai vu Valentine se saisir de son carnet de notes et écrire, ce qu'elle fait chaque fois qu'elle trouve l'endroit suffisamment pittoresque et/ou insolite.

Valentine inspirée par le paysage.
Valentine inspirée par le paysage.

Valentine inspirée par le paysage.

La descente était bien plus rapide. Elle était motivée par la promesse de s'arrêter au bar de Tierrantona, Le seul du coin, semble-t-il, où les plus âgés du village viennent taper la carte et où les paysans viennent se désaltérer après une journée au champ. C'est fou le nombre de pick up et de camionnettes qui étaient garés devant. Nous étions un peu l'attraction du jour. Les touristes ne sont pas pléthore apparemment. La serveuse parle admirablement le français avec un charmant accent. C'est dû à un programme Erasmus, nous a-t-elle appris : six mois à Paris et six mois à Toulouse dans le cadre de ses études en psychologie. Cela m'a rappelé des souvenirs puisque j'ai aussi vécu un Erasmus en France, à Aix-en-Provence. Il y a longtemps. J'espère que Max et Valentine auront aussi la chance de vivre cette expérience d'échanges européens. La plus belle façon de s'ouvrir l'esprit. L'excursion jusqu'à Muro de Roda avait les apparences d'un pèlerinage...

Le couple américain croisé sur le site a pu nous immortaliser.
Le couple américain croisé sur le site a pu nous immortaliser.

Le couple américain croisé sur le site a pu nous immortaliser.

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